Régler sa moto – Part 1: la « dureté » de l’amortisseur
16052012Nous sommes tous à la recherche du grip idéal qui nous permettra de souder comme un Casey Stoner et de claquer des pendules de ouf, surtout depuis l’avènement du 4T et la prépondérance des grosses cylindrées 600cc et 1000cc.
Ainsi j’ai longtemps confondu 2 notions qui concernent la « dureté » de l’amortisseur et je me rend compte tous les week-end que bons nombres de pilotes le font également ! La fausse bonne idée serait qu’en gros, précharger ou fermer la compression, c’est pareil cela « durcit » les suspensions…
Mais quand on touche à la précharge du ressort, on ne le rend pas plus « dur » ou plus « souple ». Initialement ce qui fait sa dureté c’est un paramètre propre au ressort: sa constante de raideur.
Si votre ressort fait 10kg – c’est comme ça qu’on mesure sa constante de raideur – que vous le préchargiez ou non, il fera toujours 10kg. C’est ce chiffre qui détermine sa dureté à l’enfoncement.
En fait, le réglage de la précharge modifie 2 paramètres :
1 – l’assiette de la moto.
En effet précharger relève la moto. J’insiste pour les néophytes: précharger relève la moto. Ce qui peut avoir 2 conséquences principales sur le comportement de la moto, valables pour tout réglage d’assiette quand on relève l’arrière: parfois cela l’aide à tourner mais cela peut aussi enlever du grip à l’accélération car la moto est plus haute de l’arrière.
2 – la « course morte ».
Le réglage de précharge ajuste la « course morte » de l’amortisseur. Techniquement, c’est la valeur d’enfoncement de la suspension sous le seul poids de la moto. En langage de pilote, on dit aussi que la course morte, c’est la « tenue » de la moto, ou sa « sensibilité ». 2 conséquences possibles sur la moto : si vous êtes trop dépréchargé, la moto « s’avachit » à la reprise des gaz – avant d’appuyer sur l’amortisseur, la moto « avale » la course morte. On a une bonne sensibilité mais elle s’écrase plus vite sur le pneu avec des conséquences en terme de glisse et/ou d’usure prématurée. Par contre si vous êtes trop préchargé, la moto est « raide » car elle va directement appuyer sur l’amortisseur et donc in fine sur le pneu, avec aussi des conséquences en terme de glisse et/ou d’usure prématurée. Surtout, la sensibilité est mauvaise, la moto est rétive.
Donc précharger a 2 effets: relever la moto (again) et améliorer sa « tenue ». Mais ça n’empêche pas que la moto s’enfonce moins lorsque vous mettez du gros gaz.
Fondamentalement pour la « dureté » des suspensions, c’est donc soit du côté de la constante de raideur du ressort (10kg,11kg etc…) soit du côté du réglages de l’hydraulique en compression qu’il faut se tourner.
On voit souvent des pilotes précharger la moto pour la durcir. Desfois cela marche parce que effectivement la moto n’était pas assez préchargée, mais souvent cela ne marche pas parce qu’elle l’était assez et cela rend la moto encore plus rétive à l’accélération. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas régler sa précharge. Ce réglage est important puisqu’il détermine la sensibilité, la tenue de la moto. Cela peut vouloir dire qu’il faut revenir en arrière et que c’est du côté du ressort ou de l’hydraulique en compression qu’il faut se tourner.
Dernier point : le type de pneu est prépondérant sur les réglages. Les pneus à carcasses souples comme un pneu slick ou un Pirelli demande des réglages plus « durs » alors que des Dunlop, Michelin, Bridgestone ou des pneus de route vont plutôt à l’inverse.
Pour ceux qui souhaitent approfondir – et il y a évidemment matière à approfondir - voici un lien vers les conseils de réglages de suspensions en ligne de DELCAMP ENERGIE, la référence en la matière:
http://delcamp-energie.fr/index.php/documentations/notices
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