Pilotage – Le freinage Part 2

12102012

Je voudrais aborder ici un aspect psychologique du freinage.

Il faut se le dire : dans notre sport, le freinage est un symbole. Le symbole du motard couillu, de celui qui double 3 concurrents sur 1 freinage. Le freinage d’Hotel à Carole, Adélaïde, le Gauche qui tue…des virages emblématiques !

Il y a donc une pression psychologique de notre milieu à freiner tard. Bien sûr si cela pénalise l’entrée et finalement aussi l’accélération, c’est pas terrible..

Pilotage - Le freinage Part 2 dans 4-Pilotage freinage-suz-300x201

Néanmoins il faut le dire: tout pilote rapide freine tard sans se mettre dans les choux.

En fait plutôt que de vous concentrez à freiner plus ou moins tard, plus ou moins fort, demandez vous : est-ce que j’arrive dans ce virage avec du stress ? Est-ce que je suis à l’aise ? ECOUTEZ VOUS. Concentrez vous sur votre degré de MAITRISE.

L’objectif, c’est de freiner le plus tard possible en gardant le maximum d’attention sur ce qui va se passer ensuite (entrée et, déjà, la sortie car elle est conditionnée par l’entrée). Vous devez donc être attentif à  votre façon mentale d’aborder le virage : kamikaze, prudent, maîtrisé – et tous les différents degrés de ces états pour vous corriger. C’est cette attitude là qui conditionne le virage

Pour cela, il faut d’une part se connaître et d’autre part savoir écouter l’état d’esprit qui nous anime à chaque instant.

 

Souvenez vous de cette anecdote citée par Bernard Fau dans le dernier GP PLUS:

Un journaliste à Kenny Roberts: « - Qu’est-ce qui vous différencie des autres pilotes ? »

Kenny Roberts :  » Concentration. Only concentration. »

 

 




Biaggi, le championnat et le mental

10102012

Biaggia-t'il failli mentalement ?

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Biaggi, le championnat et le mental dans 4-Pilotage guintoli_superbike_magny_cours_france_2012-300x260

D’abord un immense BRAVOOO !!! aux francais qui ont été exceptionnels ce week end à Magny Cours !

Mais l’évènement ce week-end, c’était aussi Max Biaggi qui a été  sacré champion du monde pour la 6ème fois et pour 0.5 pts d’avance. Incroyable dénouement !

Mais le plus incroyable peut-être a été la difficulté pour lui d’aller chercher ce sacre. Et c’est ce que je veux évoquer aujourd’hui.

Comment expliquer qu’un Biaggi de 41 ans avec  son expérience et tous ses titres de champions perde autant ses moyens sur un week end ? Car Biaggi s’est mis une pression folle. Des qualifs mauvaise, une chute en 1ère manche à Adélaïde, une 2nde manche très nerveuse loin de la tête avec des erreurs grossières – tout droit au lycée notamment – qui aurait pu lui coûter cher, une fébrilité évidente. Sans parler de la gueule qu’ils tiraient lui et son team pendant tout le week end.

 

biaggi-300x199 dans 4-PilotageAlors comment l’expliquer ? Premièrement, pour Biaggi il y a eu l’immense pression d’une usine qui s’est quand même retirée des GP pour tout miser sur le WSBK, donc sur LUI. Mais ensuite il faut bien se dire que jouer un titre et gagner une course, cela n’a rien à voir même pour un Max Biaggi – et même pour un Rossi, souvenez vous de son échec lutte face à Hayden en 2006.

Le titre c’est le graal du pilote. C’est son rêve, et cela met donc en jeu des choses profondes correspondant à ses aspirations personnelles, son parcours mais aussi ses faiblesses. Et lorsque l’on est dans une situation critique à 2 doigts du Graal, c’est souvent là que les faiblesses tappent le plus à la porte et que ressort la force mentale fondamentale du pilote.

Mais vous savez quoi ? Dépasser ses faiblesses, être fort mentalement, cela s’apprend. Cela s’acquiert. Certes il y a fondamentalement des gens plus confiant, plus « solides » que d’autres. Mais tout comme la préparation physique ou la technique du pilotage, le mental s’apprend. Et il y a beaucoup à dire sur ce sujet…

 

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Max Biaggi félicitant Sylvain Barrier pour son titre STK 1000




Pilotage – Le freinage Part1

22092012

Parlons peu, parlons bien – parlons GROS BRAS : parlons FREINAGE !!!

 

Comment doit-on aborder le freinage ?

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(Cliquez sur l'image pour voir le schéma)

 

Au moins un autre billet à venir sur ce sujet car il y a bien sûr beaucoup à dire. Je reprécise ici que je ne suis qu’un simple pêcheur qui donne son opinion; je ne prétend pas délivrer LA vérité du pilotage ou de la physique !

J’ai taché ci-dessus de modéliser ma vision du freinage. Ce qui a été déjà fait par d’autres mais je me suis appliqué à le faire à mon idée et je vais maintenant préciser ce que j’entends par ce schéma:

 

Phase 1 : Prise progressive courte

La prise de frein est en soi très importante.  Faut-il freiner tard d’un coup ? Ou bien plus tôt mais plus progressif ?

Je suis quelqu’un qui à tendance à freiner naturellement tard et fort. Considérant cela – et chacun doit ici se poser la question relativement à son propre pilotage, qu’il soit débutant ou pilote confirmé – je m’oriente personnellement de plus en plus vers la seconde solution. C’est l’endurance, à force de faire des ronds, qui m’a appris que je pouvais rouler aussi vite voire plus vite en freinant plus tôt mais en étant plus précis sur la suite. Pas mal de pilotes d’endurance vous diront ça. Néanmoins cette remarque vaut pour moi, mais ne vaudrait pas forcément pour quelqu’un qui ne freine pas « assez » tard – relativement à son pilotage !

Pilotage - Le freinage Part1 dans 4-Pilotage Freinage-300x225En fait les deux « méthodes » ont leur avantage. La première est directement intéressante sur le chrono car vous freinez plus tard et restez donc plus longtemps gaz à fond avant de freiner. La deuxième permet de moins brusquer la moto car le transfert de masse se fait plus calmement – vous ne levez pas le cul de la moto en prenant les freins directement comme un sourd – et permet donc d’être plus à l’aise pour gérer la phase d’entrée en courbe, sans mettre la moto « en crabe ». Et surtout sans se mettre en panique; donc en abordant le virage avec « toute son attention disponible ! »  comme dirait Keith Code.

 

Phase 2 : Freinage Maximum

Il faut freiner à fond. Je dis bien à fond !

Rares sont les personnes – même parmi d’excellents pilotes – qui appuient vraiment à fond sur le levier – encore plus rares celles qui tiennent le levier à fond pendant plus d’un dixième de seconde ! Alors que si vous tenez freiné à fond un bon moment que se passe-t’il ? Damned ! La moto s’arrête ! J’ai 10 fois le temps pour prendre le virage ! J’aurai donc pu freiner plus tard… ou peut-être mieux ? J’aurai peut-être pu faire une prise de frein plus progressive. A moins que je ne me serve de ce temps gagné pour faire une phase 3 – celle qui conditionne mon entrée de virage – avec beaucoup plus d’aisance…

 

Phase 3 : Relaché dégressif long

La phase de pilotage par excellence; celle qui commande l’entrée en courbe; celle où le pilote doit « sentir » son avant.

Pourquoi dégressifLorenzo-perd-lavant1-300x225 dans 4-Pilotage ? Parce que si vous faites du progressif là, comme vous allez mettre la moto sur l’angle dans cette phase (plus ou moins à la fin) aïe aïe aïe… Pourtant nombreux sont ceux qui font de la sorte ! Ils ont en quelque sorte « peur » de freiner à haute vitesse donc appuient finalement peu sur le levier au début, puis de plus en plus parce que ça va moins vite et qu’on a l’impression de mieux maîtriser les choses. Ca vous rappelle quelque chose ? Grosse erreur qui peut vous emmener droit dans le bac assez rapidement…

Maintenant pour aller vite l’important ici est de comprendre que durant cette phase la roue est plantée dans le sol ! La moto a son poids sur la roue avant, vous avez donc une adhérence et un feeling maximum qui vous permet d’attaquer. Jusqu’à la limite bien sûr.. héhé…

Mais réfléchissez bien, car si c’est intéressant de rentrer fort en courbe, il ne faut pas oublier que cela a des conséquences irrémédiables – et importantissimes pour le chrono – sur la phase l’accélération qu’il s’agit déjà d’anticiper : cf billet  « Comment accélérer ? » à retrouver dans la catégorie Pilotage du blog ;)

 

Et moins sérieusement, vidéo leçon de freinage par l’école des poireaux mdr !

Image de prévisualisation YouTube

 




Pilotage – La position

19092012

Selon vous, la position de pilotage est-elle importante ?

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Dans les stages, on demande souvent aux débutants de réfléchir et de modifier leur position de conduite. Pour des gens qui débutent il y a en effet des bases à intégrer, mais là n’est pas pour moi le sujet.

 

Pilotage - La position dans 4-Pilotage Norick-Abé3-150x106

Pour moi les débats sur la position de conduite ne servent à rien. Avez-vous vu comment se tenait Doohan sur une moto ? Et Edwards ? De Puniet ? Norick Abé (le plus fou peut-être) ? Ces mecs mettent un gaz incroyable alors qu’ils paraissent loin d’avoir une position idéale. Abé comme Edwards sont droit comme des « i », tout sur l’avant, très peu déhanchés. Stoner a une position magnifique esthétiquement. Va-t’il plus vite que Lorenzo ? Et Spies ? Zarco dit beaucoup travailler ce point. J’aimerais beaucoup avoir une discussion avec lui et Fellon pour connaître leurs idées à ce sujet.

 

Doohan-19941-300x211 dans 4-PilotageEn attendant qu’on m’explique, pour moi la meilleure position est celle que le pilote adopte naturellement, celle qui lui permet d’être le plus à l’aise et le plus concentré. Bien sûr il y a des principes de bases car déhancher permet d’abaisser le centre de gravité. Mais appuyer sur l’avant peu aussi avoir ses avantages ; c’est ce que faisait Doohan et Roberts Sr qui faisaient glisser l’avant au point de corde pour mieux tourner ; véridiques, ils faisaient glisser l’avant volontairement (cf. hors série Sport-Bikes).

 

A mon avis – mais je suis tout à fait ouvert à changer de point de vue si quelqu’un me convainc – il vaut mieux se concentrer sur ses traj, ses accel’ et autres points de corde que de perdre du temps à réfléchir à sa position…

 

Ben-Spies1-300x200

 




De la mauvaise foi des pilotes…

12092012

Les pilotes, dit-on souvent, sont de mauvaise foi.

Mais comme me le disait Jean-Michel Bayle, qui m’a coaché aux 24h du mans avec la 33 : « De la mauvaise foi, il en faut pour un pilote.  Jusqu’à un certain point car il faut être capable de travailler ses erreurs. Mais un pilote ne doit pas douter ». Si JMB le dit…

Le doute. Voilà un ennemi à bannir pour le pilote. Travailler son dialogue intérieur est un point clé pour la solidité mentale et donc la performance en piste. Et un peu de mauvaise foi ne nuit pas forcément…




Comment accélérer ?

13082012

Comment faire une bonne accélération ?

Comment accélérer ? dans 4-Pilotage Doohan-accel

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De l’importance des virages commandants les bouts droits

Je voudrais commencer ce billet concernant la poignée droite en parlant de l’importance des virages commandants des bouts droits. Ce point me saute aux yeux à chaque fois que je regarde une course de Moto2.  En effet je crois que jamais avant Marc Marquez un pilote n’avait autant travaillé les virages et surtout les accélérations précédants les bouts droits.

93+marc+marquez+moto2_1_slideshow-600x449-300x224 dans 4-PilotageAvez-vous remarqué la vitesse de Marquez en bout droit ? Certains parlent de son poids réduit. Espargaro est-il beaucoup plus lourd ? Les moteurs étant tous les mêmes, même si Marquez a une bonne équipe, les différences qu’il fait sautent aux yeux en regardant une chose : la façon dont il sort des virages commandant les bouts droits. Regardez bien : il est systématiquement celui qui ressort le mieux ! Donc la lecçon à retenir c’est: plutôt que d’essayer de repousser vos freinages de 5m, travaillez prioritairement les sorties de virages commandant les bouts droit !

Ce point est important dans toutes les catégories.

Mais il est particulièrement difficile à mettre en œuvre avec les motos les plus puissantes. Alors je vais vous donner mon point de vue là dessus. C’est un lieu commun que de dire « il faut casser les trajectoires pour souder en se mettant droit ». Il y a du vrai mais c’est un cliché. Allez voir Julien Da Costa ou Sebastien Gimbert et dîtes moi si ces gars là ne mettent pas de vitesse de passage en courbe. Et puis Sebastien Gimbert me disait encore cet hiver à Alméria que lorsqu’il se battait avec Erwan Nigon pour la gagne en FSBK, ils avaient des façons de piloter opposées. Erwan enroulait plus et lui cassait plus la traj’. Avec le même chrono au final… cette histoire de casser les trajectoires a du sens mais il ne faut pas exagérer sa portée.

 

trajec11-300x162En fait il est facile de se dire « il faut casser sa vitesse en courbe pour souder tôt» que le schéma à droite résume en terme de trajectoire – mais il est beaucoup moins aisé de tirer vraiment la conséquence de cette assertion et notamment sur sa façon « mentale » d’aborder le virage; sur sa « stratégie de virage » pour parler comme Keith Code.

J’en arrive au point fondamental à mes yeux mais d’abord je veux reparler d’un point important : que vous soyez un pilote qui enroule ou qui casse ses traj’ – il y a un moment à aborder de façon particulière : la phase neutre. C’est le moment ou vous avez laché les freins et que vous n’avez pas encore remis les gaz. Cette période de latence où on attend que la moto tourne avant de remettre les gazs. Dans les stages on vous dit parfois que pour aller vite le point neutre doit être le plus court possible. Plus vous passez de temps à être passif, à attendre, moins ça va vite à priori.

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Je m’explique donc. L’astuce la voilà, et selon moi elle est d’ordre psychologique. Car depuis toujours on vous a dis que pour rouler vite en moto il fallait faire les choses plus vite, plus tôt, plus fort. Et bien là NON – et cela demande un véritable effort de patience, une lutte contre soi-même et ses impressions sensibles que seul le chrono viendra récompenser : lorsque vous êtes sur l’angle au point neutre et que avez envie de reprendre le filet – que ce soit parce que vous vous dîtes que ça aidera à faire tourner la moto ou parce que vous vous dîtes que vous devez garder quand même un minimum de vitesse – N’EN FAITES RIEN. ATTENDEZ. Quelque soit le moment ou vous avez envie de remettre les gaz, attendez encore un peu. C’est simple, le moment où on a envie d’en remettre est systématiquement trop tôt, nous écarte et nous oblige à gérer une sortie de courbe délicate. C’est cela qui paie : attendez que la moto ait vraiment tourné et mettez les gaz, mais mettez les A FOND.

Car le secret de Marc Marquez ou de Julien Da Costa s’il y en a un, c’est que ce n’est pas le pilote qui accélère le plus tôt qui ressort le mieux des virages.

C’est le pilote qui met le plus tôt les gaz à 100% d’ouverture des papillons qui gagne.







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